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Concevoir pour des environnements en constante évolution

août
28
2026
System Administration and Machine Learning Engineer Programming at His Workstation. Man Plans and Carries Out Work to Expand the Network Structure of the Enterprise at His Office

Bob Voss, de Panduit, explique pourquoi les normes jouent un rôle toujours plus important alors que les exigences en matière d’infrastructure, d’alimentation électrique et de connectivité évoluent constamment

Lorsqu’on parle d’innovation, on pense souvent d’abord aux produits. Bob Voss, Chairman, FMP Alliance et Distinguished Engineer chez Panduit, adopte une autre perspective : celle des règles et des normes qui permettent aux nouveaux systèmes de fonctionner.

Cette idée peut sembler abstraite jusqu’à ce que l’infrastructure elle-même commence à évoluer. Nouveaux modèles d’alimentation, besoins croissants en matière de données, convergence accrue entre les systèmes d’alimentation et les réseaux… Dans ces situations, les normes ne sont plus perçues comme de simples formalités administratives. Elles révèlent leur véritable rôle : fournir un cadre qui réduit les risques, renforce la confiance et offre au marché une base solide sur laquelle s’appuyer.

Au cours de cet entretien, Bob Voss explique pourquoi Panduit s’implique activement dans l’élaboration des normes industrielles bien avant que la plupart des clients n’en voient les résultats. Il montre que les normes ne freinent pas le progrès ; elles créent au contraire les conditions nécessaires à la prochaine étape de ce progrès.

Lorsque les environnements évoluent, les normes cessent d’être un simple bruit de fond

Panduit aide ses clients à s’adapter à l’évolution des infrastructures en contribuant à l’élaboration de normes qui réduisent les incertitudes liées à l’alimentation électrique, à la connectivité et à la conception des systèmes.

Bob Voss Headshot

Q : Les normes peuvent sembler éloignées des préoccupations quotidiennes des clients. Lorsque les infrastructures commencent à évoluer, pourquoi ce travail devient-il plus important ?

Bob Voss : Nous sommes très actifs dans le domaine de la normalisation parce que nous sommes convaincus de son importance. Cela signifie collaborer avec les organismes de normalisation, contribuer au lancement de nouveaux projets et apporter les données techniques nécessaires à leur adoption finale. Les normes renforcent la confiance et réduisent les risques pour les consommateurs. Lorsqu’un produit est normalisé, il devient aussi un véritable moteur d’innovation, car le risque associé à sa fonction principale est éliminé.

Prenez, par exemple, les prises américaines à trois broches de 120 volts que l’on trouve dans les habitations. Elles sont normalisées depuis des années. Aujourd’hui, on voit apparaître des prises qui intègrent également des ports USB-A et USB-C. Voilà ce qu’est l’innovation. L’application de base est déjà définie, ce qui permet ensuite d’aller plus loin et d’y intégrer de nouvelles fonctionnalités. Les normes ne freinent donc pas l’innovation. Si l’on considère l’ensemble du processus, elles constituent au contraire un puissant moteur d’innovation.

 

Q : Cela présente donc les normes sous un angle très différent : elles ne sont pas seulement une question de conformité, mais constituent aussi une base pour favoriser l’adoption.

Bob Voss : C’est exactement cela. Les gens se demandent : « Pourquoi devrais-je m’y intéresser ? » C’est une question légitime. Un produit normalisé n’est pas propriétaire. Il est interopérable. Vous pouvez acheter un produit auprès d’un fournisseur et un autre auprès d’un autre fournisseur. Les deux fonctionneront ensemble sans problème. Vous réduisez ainsi les risques et protégez la continuité de votre activité, car vous ne dépendez pas d’un seul fournisseur pour assurer le bon fonctionnement de vos systèmes.

C’est un aspect que nous mettons particulièrement en avant en tant qu’entreprise.
Nous disons : « Voici la norme, voici nos performances par rapport à cette norme, et voici pourquoi elle devrait vous intéresser. » Nous sommes une référence dans ce domaine, car nous ne nous contentons pas de participer à l’élaboration des normes. Lorsque des questions difficiles se posent, nous apportons également les données scientifiques qui viennent étayer nos réponses.

 

Les catégories d’infrastructures matures continuent d’évoluer, et c’est là que le travail devient intéressant

Panduit applique sa rigueur d’ingénierie aux catégories d’infrastructures matures en faisant évoluer les systèmes existants pour répondre aux nouvelles exigences en matière de performances, de sécurité et d’exploitation.

 

Q : Beaucoup de gens entendent le mot « innovation » et pensent uniquement à des catégories entièrement nouvelles. Vous parlez de quelque chose de différent.

Bob Voss : Tout à fait. Prenons l’exemple du câblage Ethernet, l’un de nos produits phares dans le domaine de la connectivité. Il existe de nombreuses normes à ce sujet. On peut fabriquer des produits conformes à ces normes et les commercialiser de manière rentable. C’est une pratique courante dans le secteur.

Mais des entreprises comme Panduit vont plus loin. Nous avons développé la Cat 6A, puis une version améliorée de la Cat 6A, avant de nous dire : « Allons encore plus loin avec la Cat 6A. » Elle respecte toujours les paramètres électriques définis par la norme, tout en les dépassant dans plusieurs domaines de performance importants, notamment en matière de taille et de capacité à dissiper la chaleur lorsque la technologie Power over Ethernet (PoE) est utilisée.

 

Q : La norme définit donc le minimum requis, mais pas le maximum ?

Bob Voss : Exactement. Certains se contentent de respecter la norme en se disant : « C’est bien, cela réduit les risques pour mon entreprise et me permettra de fabriquer un produit fiable. » D’autres, comme nous, cherchent à aller plus loin. Le processus peut être long et exigeant, mais il aboutit à un résultat passionnant.

 

Q : Et ce type de progrès dépend de la capacité à anticiper ce qui va arriver, avant même que ces évolutions ne s’imposent pleinement sur le marché ?

Bob Voss : Oui. C’est pourquoi nous sommes présents très en amont. Nous participons aux travaux de l’IEEE, aussi bien dans les domaines de la fibre que du cuivre, car cela nous donne une visibilité maximale sur les évolutions à venir. Actuellement, dans le domaine de la fibre optique, nous travaillons sur des normes liées à des débits pouvant atteindre 1,6 térabits par seconde, alors que le monde des datacenters basés sur l’IA va déjà bien au-delà. Pour être efficaces, nous devons donc avoir une longueur d’avance.

 

« Certains se contentent d’appliquer les normes en se disant : “Cela suffit”. D’autres, comme nous, s’en servent comme point de départ pour aller plus loin. »

– Bob Voss

 

L’innovation électrique dépend des normes avant de pouvoir se déployer à grande échelle

Les travaux menés par Panduit dans les domaines du Fault Managed Power (FMP), des systèmes à consommation d’énergie limitée et de l’élaboration de normes démontrent que l’innovation électrique repose fortement sur les normes pour être déployée en toute sécurité.

 

Q : Cela devient particulièrement intéressant dans le domaine électrique, où de nouveaux modèles d’alimentation commencent à émerger. Où observez-vous les changements les plus importants ?

Bob Voss : Il se passe beaucoup de choses en ce moment. Nous avons récemment lancé un nouveau projet consacré à l’interopérabilité au sein du groupe de travail Ethernet IEEE 802.3, dédié au Fault Managed Power (FMP), un système innovant d’alimentation électrique à gestion des défauts. La raison est simple : pour que cette technologie puisse se généraliser, les utilisateurs doivent avoir la garantie que les systèmes seront interopérables et fonctionneront sans interférence avec les applications de communication. À terme, on veut qu’un émetteur du fournisseur A puisse fonctionner avec des récepteurs des fournisseurs B, C et D. L’interopérabilité encourage également les innovateurs à développer des terminaux « natifs FMP », ce qui accélère considérablement le développement de la technologie FMP.

Ce processus commence par des personnes qui partagent une même vision, identifient un besoin réel, constituent un dossier, puis se mettent au travail. Et tout cela doit reposer sur des faits et des données scientifiques. Il ne s’agit pas de simples déclarations d’intention. Nous apportons des données.

 

Q : Vous avez également évoqué une évolution plus profonde dans la manière dont le secteur aborde l’infrastructure électrique…

Bob Voss : Oui. Il existe un lien important entre le PoE et Fault Managed Power. Beaucoup de gens se demandent si le FMP est le nouveau PoE. Non, pas nécessairement. Ces technologies sont complémentaires. L’une renforce l’autre. Ensemble, elles relèvent désormais de la catégorie dite de l’« énergie limitée », ce qui offre au secteur un moyen plus clair de regrouper les systèmes d’alimentation émergents qui ne s’inscrivent pas parfaitement dans les anciennes catégories électriques.

C’est en partie pour cette raison que le Code national de l’électricité (NEC) a été profondément remanié dans son édition 2026 autour de la notion d’« énergie limitée ». L’objectif est de rendre ces systèmes plus faciles à installer, à inspecter et à comprendre.

On observe également une implication croissante de groupes professionnels reconnus. La NEMA, par exemple, a constitué des groupes de travail consacrés à l’étude des systèmes à énergie limitée et du courant continu (DC) pour les datacenters. C’est essentiel, car ces technologies ont besoin d’un cadre reconnu pour pouvoir se développer à grande échelle.

Au-delà du processus de normalisation lui-même, cette évolution se reflète également dans les travaux officiels en matière de sécurité. La norme UL 1400-1 offre désormais au marché une norme de sécurité des produits publiée pour les systèmes à gestion de défaut, contribuant ainsi à faire passer cette catégorie de l’intérêt à la mise en œuvre (UL Standards & Engagement).

 

Q : Ce n’est donc pas seulement théorique. C’est le cadre réglementaire qui permet à ces innovations électriques de devenir prêtes à être déployées.

Bob Voss : Exactement. Il faut bien que quelqu’un fasse le premier pas. Nous avons participé à l’élaboration de la norme UL 1400 et avons franchi cette première étape décisive en obtenant la toute première homologation UL 1400-1. Aujourd’hui, UL met en place un comité technique consacré à l’alimentation électrique à gestion des défauts, et l’un des premiers appels qu’ils ont passés nous était destiné. Cela montre bien que Panduit est une référence reconnue dans ce domaine.

 

Préparer les clients à l’avenir, c’est agir avant que le marché ne se stabilise

Panduit aide ses clients à se préparer aux futures exigences en matière d’infrastructure en participant très tôt au processus de normalisation et en traduisant les évolutions techniques émergentes en décisions concrètes.

 

Q : Qu’est-ce que tout cela signifie pour les clients qui ne participent pas aux réunions de normalisation, mais qui doivent malgré tout prendre des décisions éclairées en matière d’infrastructure ?

Bob Voss : Cela signifie qu’il faut aider les clients à comprendre concrètement ce que ces évolutions changent pour eux. Les organismes de normalisation font du bon travail, mais les clients ont besoin d’aide pour traduire ces évolutions en décisions concrètes.

C’est là qu’il est important de s’impliquer dès le début. Nous pouvons expliquer ce qui change, ce qui reste stable et ce que disent les données scientifiques. Nous pouvons montrer ce qu’une norme cherche à résoudre, dans quelle direction évolue le marché et comment envisager le déploiement sans multiplier les tâtonnements inutiles.

 

Q : Et dans des environnements qui évoluent rapidement, cette vision précoce fait-elle partie de la valeur ajoutée ?

Bob Voss : Absolument. Notre rôle consiste à rester au plus près des évolutions du secteur. Au sein du groupe de travail IEEE 802.3 sur l’Ethernet, par exemple, nous participons aux travaux du groupe ad hoc « New Ethernet Applications », où nous nous penchons sur les prochaines évolutions. À l’heure actuelle, cela inclut les futures exigences des datacenters en matière d’IA, où les vitesses et les besoins en communication évoluent rapidement.

Ce travail mené en amont permet de définir clairement les besoins. Quelle application nécessite cette vitesse ? Où se situent les contraintes ? S’agit-il de la communication entre un serveur et un GPU, entre deux GPU, ou d’autre chose ? Ce type de travail contribue à accélérer l’élaboration de nouvelles normes et aide l’ensemble du marché à s’y préparer.

Cette dimension de notre travail reste souvent invisible pour les clients. Ce qu’ils voient, c’est le résultat : des orientations plus claires, moins de risques et de meilleures décisions à prendre avant que le marché ne se stabilise complètement.

 

Cette conversation s'inscrit dans le cadre d'une réflexion plus large menée par Panduit sur la manière dont l'innovation se concrétise dans des environnements d'infrastructure en constante évolution. Innovation - Panduit

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Auteur : Dawn Leach

Dawn Leach is an experienced marketing and brand leader focused on bringing consistent, meaningful brand experiences to life. She specializes in developing integrated campaigns and messaging strategies that connect with customers, align teams, and support long-term business success.